Quand les dragons étaient carnivores

faeries13-2004« Quand les dragons étaient carnivores » est une pièce de théâtre de fantasy (si, si) parue dans le n°13 de la regrettée revue Faeries à l’hiver 2003-2004. C’est une sorte de théâtre médiévalo-allégorique dans un fauteuil où il est question d’un dragon, d’un chasseur de dragon, d’un facteur, d’un garde et d’un vers de Baudelaire. La pièce prenait quinze pages dans la revue, et en occupe neuf en pdf : c’est la taille moyenne d’une nouvelle.

Pourquoi diable une pièce de théâtre de fantasy ? Pourquoi pas, après tout ? Dans mon cas, l’idée est venue d’une rencontre improbable entre diverses lectures récentes et/ou marquantes, dont Baudelaire et les pièces de Fabrice Melquiot, et un univers de fantasy que je bâtissais à ce moment-là, Fantasia. À ce moment et pendant les années suivantes, j’ai écrit plusieurs autres textes, très différents de celui-là et entre eux, dans ce même univers, la plupart adoptant des formes courtes et qui s’essayaient originales. « Quand les dragons… » est pour le moment le seul de ces textes à avoir été publié dans un cadre professionnel.

À cette époque, donc, existait Faeries, qui était une revue française de fantasy publiée par un petit éditeur, Nestiveqnen (qui a entre autres contribué à lancer des auteurs comme Mélanie Fazi ou Jérôme Noirez, pour ne citer qu’eux). Faeries avait été créée à l’été 2000 et a cheminé bravement pendant 24 numéros et deux hors-séries avant de succomber à l’hiver 2007, peu avant sa maison d’édition. Dans l’intervalle, elle a publié énormément d’articles, de dossiers et de nouvelles, le tout évidemment inégal mais toujours intéressant, imprimé dans un petit format à tranche carrée, avec une mise en page soignée, le tout généralement abrité par des couvertures somptueuses (j’avais dit « regrettée » tout à l’heure, il y a des raisons).

Bref, je leur avais envoyé ce texte et j’ai eu le grand plaisir de le voir accepté. Il y avait un contrat d’édition et j’ai même été payé pour mon texte, un quasi miracle dans le milieu des petits éditeurs de fantasy ! J’avoue en avoir tiré une certaine fierté, pas pour le caractère mirobolant de la somme, mais parce que c’était le premier argent que je recevais pour un travail, bien avant mes premiers salaires. Symbolique, certes, mais un symbole est toujours gratifiant.

En revanche, je n’ai pas apprécié de me rendre compte que le texte avait subi quelques modifications sans qu’on juge bon de m’en prévenir, et ce au mépris des clauses de mon contrat tout neuf. C’est heureusement (à ce jour) la seule fois que cela m’est arrivé : les publications auxquelles j’ai pris part depuis, bien qu’en théorie faites par des amateurs, ont toujours donné lieu à des tours de corrections et à l’envoi de bons à tirer en bonne et due forme. J’aurais dû mettre encore plus de dragons dans ce premier texte, il ne devait pas être assez impressionnant.

Le texte était accompagné d’une illustration par Ani. C’était la première fois que quelqu’un illustrait un de mes textes. L’illustration est très différente de la façon dont j’imaginais les personnages et elle privilégie son aspect comique sur sa dimension inquiétante, mais elle est fort bien réalisée et c’est une vision possible de l’histoire.

« Quand les dragons étaient carnivores » est aussi, à ce jour, le texte le plus ancien que j’aie publié. Je suppose que je pourrais vous inciter à l’indulgence, mais je suis à peu près sûr que dans quelques années ce que j’écris en ce moment me paraîtra tout aussi lointain et imparfait. Dites-vous seulement que je faisais de mon mieux par rapport à l’âge que j’avais à l’époque et que ça ne rajeunit personne.