Fragments des matins effarés

Les Fragments des matins effarés sont de brefs poèmes en trois vers libres inspirés des haïkus japonais. Ils évoquent les premières heures d’une journée de travail, lorsqu’on doit se lever tôt et se jeter dans les transports alors qu’on s’est mal arraché au sommeil. En hiver, il fait encore nuit, ce qui ajoute à l’aspect contre-nature de ces démarrages matutinaux. La ville, encore emprisonnée dans sa gangue de ténèbres, possède une présence accrue, ne se fait pas si facilement oublier que lorsqu’il fait grand jour et qu’on est en pleine forme. Les choses poursuivent une existence bien affirmée, et les autres formes de vie, qui ont commencé leur journée (ou n’ont pas terminé leur activité nocturne) nous disputent l’espace urbain. Les espèces de haïkus qui en résultent ont tous été écrits durant ces entre-deux hallucinés entre la nuit et le jour.

Cette publication est une nouvelle occasion d’observer les périodes de temps parfois très longues sur lesquelles peut s’étaler l’écriture puis la parution d’un texte. Les premières versions des Fragments des matins effarés ont été écrites en 2013-2014. Je les ai retravaillées à un rythme particulièrement irrégulier jusqu’en 2020, puis en ai proposé un choix restreint à une revue française, qui ne les a pas pris. Début 2021, je les ai soumis à la revue belge Traversées qui les a acceptés. Il s’est ensuite écoulé plus d’un an et demi entre l’acceptation du texte et sa parution effective dans le n°101 de cette revue, en juillet-août 2022.

Dialogue mystique des amants magiciens

O'Keeffe, Georgia, Red Canna, 1919, HMA

Le dialogue mystique des amants magiciens est un poème en prose mêlant merveilleux et érotisme. Sur environ deux pages, il prête l’oreille aux voix d’un couple doté de pouvoirs magiques indissociables du pouvoir des mot eux-mêmes. Qui sont ces personnages ? À vous de l’imaginer : on ne connaîtra en détail ni leur genre ou leur sexe, ni leur apparence, ni leur pays d’origine. Ce sont des voix qui affirment le pouvoir des sens, du désir, du plaisir et de l’amour.

J’ai écrit ce poème pour la revue étudiante Disharmonies n°53 en mars 2015, diffusée sous forme papier et PDF au sein de l’ENS Ulm. Il a ensuite été publié dans la revue en ligne gratuite En marges ! le 26 juin 2020.

Pour illustrer ce poème, plutôt que des photographies de corps, j’ai proposé des peintures de Georgia O’Keeffe, une peintre américaine du début du XXe siècle dont l’univers visuel se rapproche beaucoup des formes et des couleurs que j’avais en tête en écrivant ce texte, tout en relevant d’une quasi abstraction qui libère l’imagination et le désir.

Lire le Dialogue mystique des amants magicienssur le site de la revue En marges ! ou consulter la page d’accueil du site de la revue.

EnMargesLogo

Actualité des publications : juin 2020

EnMargesLogo

J’ai le plaisir de vous informer que mon poème en prose Dialogue mystique des amants magiciens paraîtra à la fin du mois dans le n°4 de la revue en ligne gratuite En marges ! Cette revue de sciences humaines et d’art s’intéresse à la question de l’intime et de ses enjeux politiques par l’intermédiaire d’entretiens et d’articles de réflexion, mais aussi de fictions et, donc, de poèmes.

C’est un texte qui n’est pas nouveau, puisque je l’avais écrit pour la revue étudiante Disharmonies à l’ENS Ulm il y a de longues années. Je l’ai repris l’an dernier, corrigé, amélioré, et j’en ai poussé encore plus loin l’aspect expérimental en jouant sur la typographie et la mise en page. Le résultat est réussi, à moins qu’il ne soit raté. En tout cas, il a plu au comité de lecture d’En marges ! J’ai assez hâte d’avoir des avis dessus et de lire le reste du futur numéro. C’est un texte auquel j’attache une importance toute particulière et je suis heureux qu’il soit remis à la disposition d’un lectorat plus large.

Vous pouvez consulter les trois numéros parus d’En marges ! et guetter l’arrivée du quatrième sur le site de la revue et éventuellement sur sa page Facebook.

Pendant ce temps, je poursuis avec régularité mon travail sur le manuscrit d’un roman oscillant entre le fantastique et le merveilleux urbain, qui est encore loin d’être achevé. Il m’entraîne dans des domaines sur lesquels je n’aurais pas imaginé écrire, ce qui le rend d’autant plus difficile et intéressant à élaborer.

J’ai proposé en fin d’année dernière et au début de cette année le manuscrit de mon roman précédent, situé dans la mythologie grecque, à quelques éditeurs. Le travail puis la période du confinement ont suspendu tout cela. L’arrivée de l’été sera plus propice à la reprise de mes propositions de textes.

Dreamlands

aoc12-2009

« Dreamlands » est un poème en vers rimés d’une petite page qui s’inspire des lieux et des personnages inventés par H. P. Lovecraft dans ses nouvelles et romans regroupés habituellement sous le nom de « textes des Contrées du Rêve ».

Comme beaucoup d’amoureux des littératures de l’imaginaire et comme beaucoup de rôlistes, j’ai découvert Lovecraft pendant mon adolescence, en bonne partie grâce au jeu de rôle L’Appel de Cthulhu (à l’époque dans la cinquième édition sous la délicieusement inquiétante couverture de Caza). J’ai lu avec passion Les Chats d’Ulthar et La Quête onirique de Kadath l’inconnue puis le supplément du jeu de rôle intitulé Les Contrées du rêve revisitées. Quelques années et un programme d’agrégation plus tard, je me suis retrouvé en 2007-2008 occupé à manger des quatrains par régiments, puisque le programme de l’agrégation cette année-là comprenait du Du Bellay et du Verlaine, plus quelques branches du Roman de Renart (qui, comme son titre ne l’indique pas, est composé en vers). Sans doute pour conjurer un peu la pression du concours, j’ai commencé à griffonner des vers sur de tout autres sujets, dont ça.

Courant 2008, j’ai envoyé le texte au fanzine AOC en même temps que ma nouvelle fantastique « Olympia », sans grand espoir puisque l’écrasante majorité des publications en littératures de l’imaginaire se refusent à publier des poèmes (ce qui est très dommage à mon avis). Bien m’en a pris, puisque le texte a été accepté. Il est paru dans AOC n°12 en juin 2009. L’illustration d’Agathe Pitié, qui sert de fond, installe très bien l’ambiance lovecraftienne du texte : qu’elle en soit remerciée ici.

Mise à jour le 10 juillet 2022 : depuis son illustration pour ce poème, Agathe Pitié a entamé une belle carrière d’artiste contemporaine ainsi que d’illustratrice de jeux de rôle (Medium Aevum, Runequest). Voyez notamment son interview sur le site Geek-art en 2021.

Cahots et crachotis

« Cahots et crachotis » est un petit ensemble de poèmes très brefs paru dans le n°27 de la revue Disharmonies en décembre 2011. Le thème du numéro était « Erreur 404 », et j’ai pris le parti de m’intéresser aux erreurs, aux maladresses et à tout ce qui, dans notre rapport intime et spontané à la réalité quotidienne, a quelque chose de fêlé, au sens endommagé et doucement dingue du mot. Le texte a bénéficié d’une belle illustration par Ys’tenn pour le numéro.