Dialogue mystique des amants magiciens

O'Keeffe, Georgia, Red Canna, 1919, HMA

Le dialogue mystique des amants magiciens est un poème en prose mêlant merveilleux et érotisme. Sur environ deux pages, il prête l’oreille aux voix d’un couple doté de pouvoirs magiques indissociables du pouvoir des mot eux-mêmes. Qui sont ces personnages ? À vous de l’imaginer : on ne connaîtra en détail ni leur genre ou leur sexe, ni leur apparence, ni leur pays d’origine. Ce sont des voix qui affirment le pouvoir des sens, du désir, du plaisir et de l’amour.

J’ai écrit ce poème pour la revue étudiante Disharmonies n°53 en mars 2015, diffusée sous forme papier et PDF au sein de l’ENS Ulm. Il a ensuite été publié dans la revue en ligne gratuite En marges ! le 26 juin 2020.

Pour illustrer ce poème, plutôt que des photographies de corps, j’ai proposé des peintures de Georgia O’Keeffe, une peintre américaine du début du XXe siècle dont l’univers visuel se rapproche beaucoup des formes et des couleurs que j’avais en tête en écrivant ce texte, tout en relevant d’une quasi abstraction qui libère l’imagination et le désir.

Lire le Dialogue mystique des amants magicienssur le site de la revue En marges ! ou consulter la page d’accueil du site de la revue.

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Actualité des publications : juin 2020

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J’ai le plaisir de vous informer que mon poème en prose Dialogue mystique des amants magiciens paraîtra à la fin du mois dans le n°4 de la revue en ligne gratuite En marges ! Cette revue de sciences humaines et d’art s’intéresse à la question de l’intime et de ses enjeux politiques par l’intermédiaire d’entretiens et d’articles de réflexion, mais aussi de fictions et, donc, de poèmes.

C’est un texte qui n’est pas nouveau, puisque je l’avais écrit pour la revue étudiante Disharmonies à l’ENS Ulm il y a de longues années. Je l’ai repris l’an dernier, corrigé, amélioré, et j’en ai poussé encore plus loin l’aspect expérimental en jouant sur la typographie et la mise en page. Le résultat est réussi, à moins qu’il ne soit raté. En tout cas, il a plu au comité de lecture d’En marges ! J’ai assez hâte d’avoir des avis dessus et de lire le reste du futur numéro. C’est un texte auquel j’attache une importance toute particulière et je suis heureux qu’il soit remis à la disposition d’un lectorat plus large.

Vous pouvez consulter les trois numéros parus d’En marges ! et guetter l’arrivée du quatrième sur le site de la revue et éventuellement sur sa page Facebook.

Pendant ce temps, je poursuis avec régularité mon travail sur le manuscrit d’un roman oscillant entre le fantastique et le merveilleux urbain, qui est encore loin d’être achevé. Il m’entraîne dans des domaines sur lesquels je n’aurais pas imaginé écrire, ce qui le rend d’autant plus difficile et intéressant à élaborer.

J’ai proposé en fin d’année dernière et au début de cette année le manuscrit de mon roman précédent, situé dans la mythologie grecque, à quelques éditeurs. Le travail puis la période du confinement ont suspendu tout cela. L’arrivée de l’été sera plus propice à la reprise de mes propositions de textes.

L’Or du Laurion

parcheminstraverses4-2008« L’Or du Laurion » est une nouvelle située à l’intersection de plusieurs genres. Son cadre est historique (la Grèce antique, plus précisément la région d’Athènes à l’époque classique) mais son ambiance et ses personnages empruntent davantage au western façon Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, et elle contient des éléments surnaturels venus de la République de Platon et des films de zombies.

J’ai écrit ce texte à l’occasion d’un appel à textes lancé par l’association Parchemins & Traverses pour une anthologie sur le thème Conquêtes & explorations infernales, dirigée par Karim Berrouka (qui a fait bien du chemin depuis). Qu’est-ce que le Laurion ? C’est une région située pas très loin d’Athènes et où se trouvent des mines d’argent, parmi les plus célèbres de l’Antiquité. L’argent de ces mines a notamment servi à financer la construction de la flotte de guerre athénienne dirigée par Thémistocle pendant la seconde guerre médique (flotte victorieuse lors de la célèbre bataille de Salamine en 480 av. J.-C.). J’ai entendu parler de ces mines pour la première fois pendant mes cours d’histoire ancienne en classe préparatoire et c’était amusant de les réutiliser dans un contexte tout différent.

Conquêtes & explorations infernales, dirigée par Karim Berrouka, est paru en décembre 2008.

Dreamlands

aoc12-2009

« Dreamlands » est un poème en vers rimés d’une petite page qui s’inspire des lieux et des personnages inventés par H. P. Lovecraft dans ses nouvelles et romans regroupés habituellement sous le nom de « textes des Contrées du Rêve ».

Comme beaucoup d’amoureux des littératures de l’imaginaire et comme beaucoup de rôlistes, j’ai découvert Lovecraft pendant mon adolescence, en bonne partie grâce au jeu de rôle L’Appel de Cthulhu (à l’époque dans la cinquième édition sous la délicieusement inquiétante couverture de Caza). J’ai lu avec passion Les Chats d’Ulthar et La Quête onirique de Kadath l’inconnue puis le supplément du jeu de rôle intitulé Les Contrées du rêve revisitées. Quelques années et un programme d’agrégation plus tard, je me suis retrouvé en 2007-2008 occupé à manger des quatrains par régiments, puisque le programme de l’agrégation cette année-là comprenait du Du Bellay et du Verlaine, plus quelques branches du Roman de Renart (qui, comme son titre ne l’indique pas, est composé en vers). Sans doute pour conjurer un peu la pression du concours, j’ai commencé à griffonner des vers sur de tout autres sujets, dont ça.

Courant 2008, j’ai envoyé le texte au fanzine AOC en même temps que ma nouvelle fantastique « Olympia », sans grand espoir puisque l’écrasante majorité des publications en littératures de l’imaginaire se refusent à publier des poèmes (ce qui est très dommage à mon avis). Bien m’en a pris, puisque le texte a été accepté. Il est paru dans AOC n°12 en juin 2009. L’illustration d’Agathe Pitié, qui sert de fond, installe très bien l’ambiance lovecraftienne du texte : qu’elle en soit remerciée ici.

Mise à jour le 10 juillet 2022 : depuis son illustration pour ce poème, Agathe Pitié a entamé une belle carrière d’artiste contemporaine ainsi que d’illustratrice de jeux de rôle (Medium Aevum, Runequest). Voyez notamment son interview sur le site Geek-art en 2021.

Châteaux de sable

eclatsreves22-2013Châteaux de sable a été écrit en 2004, dans le cadre d’une série de textes qui prenaient place dans l’univers de Fantasia, les « Fragments de Fantasia » (la plupart sont restés inédits). C’est un récit très court (moins d’une page et demie en A4) qui évoque au premier degré les rêveries d’un enfant, mais qui permet une lecture allégorique sur les relations entre l’humain et le monde. C’est l’un de ces petits textes terriblement courts mais auxquels je tiens beaucoup.

Corrigé plusieurs fois jusqu’en 2010, le texte a été publié dans le fanzine Éclats de rêves n°22 en juin 2013. Il y est illustré par un dessin de De Mauritius (sa vision de l’enfant et de la bataille n’a rien à voir avec ce que j’imaginais, mais c’est aussi cela qui enrichit un texte).

Baba Yaga et le voyageur égaré

babayaga-limprimante-2015« Baba Yaga et le voyageur égaré » est l’un des trois monologues de théâtre que j’ai écrits pour l’atelier Baba Yaga du Laboratoire d’expériences du théâtre et des arts plastiques (LETAP), une association parisienne financée entre autres par Paris-Sciences-Lettres. Ce projet comportait plusieurs versants : une partie universitaires, qui a donné naissance à des articles de recherche dans diverses disciplines (anthropologie, psychanalyse, études littéraires, études cinématographiques), une partie plastique qui a donné naissance à une installation représentant l’isba de Baba Yaga dans la taïga, et une partie théâtrale qui a élaboré une performance artistique dans l’installation en question.

Après plusieurs réunions et séances de contes russes avec une bonne partie de l’équipe du projet, l’équipe théâtrale a travaillé à l’été 2013 lors d’une résidence à l’atelier Marchal, dans le XXe arrondissement, grâce au soutien de l’association Curry Vavart. C’est à ce moment-là que nous avons élaboré les textes et qu’a eu lieu l’essentiel du travail des acteurs et de la mise en scène. J’ai lu ou relu beaucoup de contes russes et participé à cette résidence afin de me plonger autant que possible dans le projet, d’autant que nous disposions d’un temps très limité (moins d’un mois) pour parvenir à une version définitive des textes afin que les acteurs puissent les travailler en vue de la performance prévue pour la rentrée de septembre 2013. Les neuf textes écrits pour la performance par trois auteurs (Sandra, Romain et moi) ont été répartis en trois groupes de trois, chaque groupe reflétant une atmosphère différente, soit très proche des contes originaux (ce sont mes textes), soit trahissant une forme de fêlure et de mal-être (ceux de Sandra), soit très postmodernes et trash dans un esprit de « mort des contes » (ceux de Romain).

Ces textes ont été dits sous forme fragmentaire par les acteurs pendant les performances : les spectateurs qui découvraient l’installation et s’y promenaient devaient s’attarder un peu pour espérer entendre un texte à peu près complet, et aucun n’entendait exactement les mêmes textes.

Par la suite, ces textes ont été publiés en même temps que les articles de recherche et des photos de l’installation dans le livre Baba Yaga Workshop, auto-édité par LETAP via sa branche pragmatiquement baptisée « les éditions l’Imprimante », en janvier 2015. Vous pouvez consulter leur site pour plus de renseignements sur ce livre et sur leurs activités.

Rêveil

« Rêveil » a été publié dans le n°8 de la revue Disharmonies en juin 2009, dans la rubrique « Miscellanées ».  C’est un texte court, de moins d’une page, qui est davantage une sorte de vision poétique qu’une nouvelle avec intrigue et rebondissement.

Lire « Rêveil » en pdf

En coulisses

« Rêveil » avait été écrit nettement avant ce numéro de Disharmonies. Il remonte à 2003. Au départ, c’est l’un des textes que j’ai écrits dans l’univers de Fantasia en les appelant « fragments », parce qu’ils sont courts et ne dévoilent que des bribes de cet univers. Comme on le remarquera facilement, il se comprend très bien en tant que texte autonome, ce qui est le cas de beaucoup de ces « fragments ». Le mot du titre, « Rêveil », n’est pas une faute d’accent pour « réveil » mais un mot-valise mêlant « rêve » et « éveil » (ou « réveil »), qui a un sens dans l’esthétique du recueil des « fragments de Fantasia ».

J’ai repris et corrigé le texte afin de le publier dans ce numéro dont le thème était « Apocalypse now ». Il y bénéficiait d’une fort belle illustration au crayon par Ys’tenn. Mon impression actuelle (j’écris cela fin 2013, environ dix ans après les premières versions de ce texte) est qu’il accuse un peu son âge et que j’espère avoir progressé depuis. Je garde tout de même une certaine affection pour lui, y compris pour le titre dont le néologisme nourrit toujours ma réflexion.

Quand les dragons étaient carnivores

faeries13-2004« Quand les dragons étaient carnivores » est une pièce de théâtre de fantasy (si, si) parue dans le n°13 de la regrettée revue Faeries à l’hiver 2003-2004. C’est une sorte de théâtre médiévalo-allégorique dans un fauteuil où il est question d’un dragon, d’un chasseur de dragon, d’un facteur, d’un garde et d’un vers de Baudelaire. La pièce prenait quinze pages dans la revue, et en occupe neuf en pdf : c’est la taille moyenne d’une nouvelle.

Pourquoi diable une pièce de théâtre de fantasy ? Pourquoi pas, après tout ? Dans mon cas, l’idée est venue d’une rencontre improbable entre diverses lectures récentes et/ou marquantes, dont Baudelaire et les pièces de Fabrice Melquiot, et un univers de fantasy que je bâtissais à ce moment-là, Fantasia. À ce moment et pendant les années suivantes, j’ai écrit plusieurs autres textes, très différents de celui-là et entre eux, dans ce même univers, la plupart adoptant des formes courtes et qui s’essayaient originales. « Quand les dragons… » est pour le moment le seul de ces textes à avoir été publié dans un cadre professionnel.

À cette époque, donc, existait Faeries, qui était une revue française de fantasy publiée par un petit éditeur, Nestiveqnen (qui a entre autres contribué à lancer des auteurs comme Mélanie Fazi ou Jérôme Noirez, pour ne citer qu’eux). Faeries avait été créée à l’été 2000 et a cheminé bravement pendant 24 numéros et deux hors-séries avant de succomber à l’hiver 2007, peu avant sa maison d’édition. Dans l’intervalle, elle a publié énormément d’articles, de dossiers et de nouvelles, le tout évidemment inégal mais toujours intéressant, imprimé dans un petit format à tranche carrée, avec une mise en page soignée, le tout généralement abrité par des couvertures somptueuses (j’avais dit « regrettée » tout à l’heure, il y a des raisons).

Bref, je leur avais envoyé ce texte et j’ai eu le grand plaisir de le voir accepté. Il y avait un contrat d’édition et j’ai même été payé pour mon texte, un quasi miracle dans le milieu des petits éditeurs de fantasy ! J’avoue en avoir tiré une certaine fierté, pas pour le caractère mirobolant de la somme, mais parce que c’était le premier argent que je recevais pour un travail, bien avant mes premiers salaires. Symbolique, certes, mais un symbole est toujours gratifiant.

En revanche, je n’ai pas apprécié de me rendre compte que le texte avait subi quelques modifications sans qu’on juge bon de m’en prévenir, et ce au mépris des clauses de mon contrat tout neuf. C’est heureusement (à ce jour) la seule fois que cela m’est arrivé : les publications auxquelles j’ai pris part depuis, bien qu’en théorie faites par des amateurs, ont toujours donné lieu à des tours de corrections et à l’envoi de bons à tirer en bonne et due forme. J’aurais dû mettre encore plus de dragons dans ce premier texte, il ne devait pas être assez impressionnant.

Le texte était accompagné d’une illustration par Ani. C’était la première fois que quelqu’un illustrait un de mes textes. L’illustration est très différente de la façon dont j’imaginais les personnages et elle privilégie son aspect comique sur sa dimension inquiétante, mais elle est fort bien réalisée et c’est une vision possible de l’histoire.

« Quand les dragons étaient carnivores » est aussi, à ce jour, le texte le plus ancien que j’aie publié. Je suppose que je pourrais vous inciter à l’indulgence, mais je suis à peu près sûr que dans quelques années ce que j’écris en ce moment me paraîtra tout aussi lointain et imparfait. Dites-vous seulement que je faisais de mon mieux par rapport à l’âge que j’avais à l’époque et que ça ne rajeunit personne.

Les périlleuses et énormissimes tribulations du géant Grangoulouk…

« Les périlleuses et énormissimes tribulations du géant Grangoulouk, chapitres extraits du Soixante et dix neuviesme Livre »  est un texte paru dans le n°30 de la revue Disharmonies en avril 2012. Le thème de ce numéro était « Gargantua » et ce texte est un récit humoristique dans la veine de Rabelais, qui met en scène les aventures d’un descendant de Gargantua de nos jours, ou plus précisément en mars 2010, au moment de l’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande.

Reflet au bord d’une coupe de sang

« Reflet au bord d’une coupe de sang » a été publié dans le n°15 de la revue Disharmonies en mai 2010. Le thème du numéro était « Sacré Graal ». Cette nouvelle nous expédie donc en plein mythe arthurien (la coupe de sang du titre est naturellement le Graal). Contrairement à ce que le titre de film utilisé pour le thème peut faire attendre, c’est un texte globalement sérieux. En revanche, il malmène à sa façon la quête du Graal. Après tout, beaucoup de textes ont déjà raconté comment cette quête s’était faite. Il était temps de la défaire.

(Attention : ce texte contient des allusions mythologiques retorses.)