Mirages

parcheminstraverses6-2010Ce récit a été écrit à l’occasion d’un appel à textes de l’association Parchemins & Traverses pour une anthologie sur le thème Afrique(s). Il s’inspire librement des contes touaregs (*). Mon idée de départ pour ce texte a été une ambiance : j’avais envie d’écrire une sorte de vision à l’atmosphère et au rythme presque hypnotiques, avec une prose poétique où dominerait l’imparfait tandis que le passé simple se ferait inhabituellement discret. J’ai commencé par écrire d’un trait une demi-page qui me paraissait très bien… puis j’ai désespéré d’arriver à maintenir ce niveau tout au long d’un récit entier, sans tomber dans quelque chose d’inutilement contourné et sans oublier l’intrigue elle-même. C’est une de ces situations où on a une idée géniale pour le début, mais où, assez vite, on n’a plus qu’à se remonter les manches pour tenir ce niveau pour le reste, en s’accrochant à la conviction de moins en moins ferme que si, si, l’idée du début était bel et bien bonne.

Le texte a été retenue, mais l’anthologiste, Sandrine Gacquerel, restait sceptique sur mes choix de syntaxe (les phrases restaient longues et contournées) et de mise en page (le texte était volontairement peu aéré). Comme elle le dit dans son mot d’introduction avec une ambivalence démoniaque : c’est un de ces textes qui « provoquent des réactions épidermiques ». Il est à prendre un peu comme un court-métrage ou un film expérimental, avec une bande originale entêtante à la Dead Man (mais en nuances de jaune plutôt qu’en noir et blanc).

Afrique(s) est paru en janvier 2011.

Le site de Parchemins & Traverses

(*) Je les ai découverts dans le recueil Contes et légendes touaregs du Niger recueillis par Laurence Rivaillé et transcrits par Pierre-Marie Decoudras (Karthala, 1993).

Baba Yaga et le voyageur égaré

babayaga-limprimante-2015« Baba Yaga et le voyageur égaré » est l’un des trois monologues de théâtre que j’ai écrits pour l’atelier Baba Yaga du Laboratoire d’expériences du théâtre et des arts plastiques (LETAP), une association parisienne financée entre autres par Paris-Sciences-Lettres. Ce projet comportait plusieurs versants : une partie universitaires, qui a donné naissance à des articles de recherche dans diverses disciplines (anthropologie, psychanalyse, études littéraires, études cinématographiques), une partie plastique qui a donné naissance à une installation représentant l’isba de Baba Yaga dans la taïga, et une partie théâtrale qui a élaboré une performance artistique dans l’installation en question.

Après plusieurs réunions et séances de contes russes avec une bonne partie de l’équipe du projet, l’équipe théâtrale a travaillé à l’été 2013 lors d’une résidence à l’atelier Marchal, dans le XXe arrondissement, grâce au soutien de l’association Curry Vavart. C’est à ce moment-là que nous avons élaboré les textes et qu’a eu lieu l’essentiel du travail des acteurs et de la mise en scène. J’ai lu ou relu beaucoup de contes russes et participé à cette résidence afin de me plonger autant que possible dans le projet, d’autant que nous disposions d’un temps très limité (moins d’un mois) pour parvenir à une version définitive des textes afin que les acteurs puissent les travailler en vue de la performance prévue pour la rentrée de septembre 2013. Les neuf textes écrits pour la performance par trois auteurs (Sandra, Romain et moi) ont été répartis en trois groupes de trois, chaque groupe reflétant une atmosphère différente, soit très proche des contes originaux (ce sont mes textes), soit trahissant une forme de fêlure et de mal-être (ceux de Sandra), soit très postmodernes et trash dans un esprit de « mort des contes » (ceux de Romain).

Ces textes ont été dits sous forme fragmentaire par les acteurs pendant les performances : les spectateurs qui découvraient l’installation et s’y promenaient devaient s’attarder un peu pour espérer entendre un texte à peu près complet, et aucun n’entendait exactement les mêmes textes.

Par la suite, ces textes ont été publiés en même temps que les articles de recherche et des photos de l’installation dans le livre Baba Yaga Workshop, auto-édité par LETAP via sa branche pragmatiquement baptisée « les éditions l’Imprimante », en janvier 2015. Vous pouvez consulter leur site pour plus de renseignements sur ce livre et sur leurs activités.

Le Prince maladroit

parchemins3-2006« Le Prince maladroit », sous-titré « Conte cynique », est un… conte cynique que j’ai écrit à l’occasion de l’appel à textes de l’anthologie Contes & Légendes… revisités dirigée par Menolly, éditée par le micro-éditeur Parchemins & Traverses et parue en juillet 2006. Tout ce qui n’est pas dans le titre de l’anthologie est dans le titre du conte, ce qui fait que je ne vois pas trop quoi vous dire de plus, à part que c’est un texte court (quatre pages au format A4), drôle et assez léger.

En coulisses

Je mets le texte en ligne parce que l’anthologie est parue depuis déjà un bon moment, mais, à l’heure où j’écris, elle est toujours disponible via le site de l’éditeur, que vous pouvez aussi retrouver régulièrement dans les festivals et conventions de fantasy en France. Une anthologie est souvent inégale, mais celle-ci était plutôt réussie.

Une chose que l’univers aurait ignoré sans dommage mais qui fait partie de l’histoire du texte, c’est que « Le Prince maladroit » est en réalité la quatrième variante d’une nouvelle que j’avais commencé à imaginer en l’année… mh… passons, et qui a connu trois versions précédentes, toutes sérieuses et nettement plus longues. L’idée sur laquelle se fonde le rebondissement final de cette histoire-ci était la même, mais elle était traitée d’une manière toute différente. Malheureusement, la troisième version de cette nouvelle, la plus aboutie, était trop longue pour pouvoir concourir dans la plupart des appels à textes de format nouvelles (limitant la longue des textes à 50 000 caractères espaces comprises, soit en gros une quinzaine de pages A4 en traitement de texte), de sorte que je n’ai pas eu l’occasion de la proposer à la publication pour le moment.

La guerre des fées et des heures

« La guerre des fées et des heures » a été publié dans le n°9 de la revue Disharmonies en octobre 2009, dans la rubrique « Miscellanées », où elle bénéficiait d’une belle illustration par Ys’tenn. C’est une courte nouvelle de fantasy qui manipule plusieurs références empruntées au conte ou à la littérature classique européenne. En deux mots, c’est Obéron et Titania vs. Peter Schlemil et il y est beaucoup question du passage du temps, qui fait ou ne fait rien à l’affaire.

Paradis double

« Paradis double », sous-titré « Conte biface », a été publié dans le n°5 de la revue Disharmonies en mars 2009, dans la rubrique « Miscellanées » qui accueille des textes de fiction en tout genre. Le thème du numéro était « Dolce vita ». On ne s’étonnera donc pas de l’univers idyllique (du moins au début) dans lequel se déroule ce petit conte.